SOLEIL D’AUSCHWITZ

2014 - 01 - 18 - Alain Hussou-Dumoutier - _MG_7876a Le tableau du Soleil d’Auschwitz.

 

Le tableau Le soleil d’Auschwitz est né au milieu  de mon enquête, après ma visite le 1er Février 2011 à Auschwitz –Birkenau,  organisée conjointement par l’UNESCO e t la Mairie de Paris.

Il représente un soleil ensanglanté dont le rayon unique est un fil de fer barbelé. Entouré d‘une frise plus foncée figurant l’enfermement  il est re couvert de cendres et de terre en provenance du camp.

Au cours de la visite par un froid sec et glacial,  malgré l’émotion, il me fallait comprendre les horreurs que la visite ne pouvait que suggérer. Ce que m’avait décrit les Rescapés était totalement oublié : l’odeur pestilentielle des corps brulés dégagée  par les cheminées sombres, les panaches de fumées opaques cachant  jusqu’à la lumière, les pluies jaunes et chargées de miasmes, et surtout  les souffrances extrêmes de faim de froid et de fatigue  des corps épuisés et décharnés …  Tout cela était absent. Le choc le plus violent survint quand  Madame Ginette  Kolinka, un des témoins était là à coté de  moi  et m’a montré l’endroit où elle  dormait à même le sol dans la baraquement  ouvert à tous  vents (cf témoignage de Madame Ginette Kolinka)

 

Le poéme

 Un texte  de Federico Mayor,  poète et ancien directeur Général de l’UNESCO  s’est imposé progressivement à mon esprit lors de cette visite. Les phrases et les sentiments  exprimés par les mots avaient une  résonnance intime. Je n’en avais pas vraiment  saisi  le sens quand le livre Vent d’Autan qu’il avait  écrit et que j’avais illustré avait été édité en 1999. Peut être m’avait il fallu  aller  à Auschwitz pour m’imprégner à la fois du sens profonds du poéme et de la force des  témoignages que j’écoutais et retranscrivais alors  au fil des jours.

Ce que j’ai vu sur place a déclenché la genèse du tableau, mais surtout je regardais  et écoutais en priant  pour toutes  ces victimes massacrées au nom du racisme…

*Auschwitz

Là-bas la voie ferrée,

 la même voie ,

qu’alors .

Là-bas la terre

grise ,

fumée

de sang innocent

et de cendre humaine.

Là-bas les miradors

les barbelés..

Là-bas

les baraques

 d’extermination.

Ah si  les arbres contaient

ce qu’ont vu

leurs cupules,

ce qui a nourri

leurs racines !

Je n’oublierai jamais

ce que je sais

qu’ils savent

                           le train

                                       la terre

                                                      les miradors

Je vais nâvré

demandant,

offrant, criant des gestes de tendresse  

 

Federico Mayor

A Graciela Samuel

Auschwitz 28-5-91

 

Historiquee*

Le camp de concentration d’Auschwitz est le plus grand camp de concentration et d’extermination du Troisième Reich. Sa situation est partagée entre les localités d’Oświęcim (Auschwitz en allemand) et de Brzezinka (Birkenau en allemand), annexées au Reich (province de Haute-Silésie) après l’invasion de la Pologne.

Ce camp de concentration et d’extermination, dirigé par les SS, fut créé le 27 avril 1940 par Heinrich Himmler .Il fut libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945. En cinq années, plus de 1,1 million hommes, femmes et enfants sont morts à Auschwitz, dont 900 000 immédiatement à la sortie des trains qui les y transportaient. 90% de ces personnes étaient juives. Ces victimes, de ce que les nazis appelèrent la « solution  finale », furent assassinées dans les chambres à gaz ou parfois par arme à feu, mais elles moururent aussi de maladies, de malnutrition, de mauvais traitements ou des suites  d’expériences médicales.

En raison de sa taille, Auschwitz est considéré comme le symbole des meurtres de masse commis par les nazis et plus particulièrement comme celui de la Shoah, au cours de laquelle près de six millions de Juifs furent assassinés.

Comme les autres camps de concentration nazis, Auschwitz était sous les ordres de Heinrich Himmler et des SS. Le responsable du camp fut le SS-Obersturmbannführer Rudolf  Höss jusqu’à l’été 1943, remplacé ensuite par Arthur Liebehenschel et Richard Baer. Höss a tenu à reprendre la devise de Dachau : Arbeit macht frei  (cf  le soleil de Dachau)-« Le travail rend libre » qui est  inscrit en haut du portail d’entrée.

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Entrée d’Auschwitz I,  avec l’inscription Arbeit macht frei (« le travail rend libre ») photo 1er février 2011.

Monument historique et culturel majeur, qui contribue au «devoir de mémoire», Auschwitz est inscrit depuis 1979 au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les objectifs

La création du camp souche Auschwitz I est décidée par les SS en février 1940 : c’est un camp de concentration et de travail forcé. Il se situe au milieu d’une région polonaise riche en matières premières : eau (au bord de la rivière Sola, zones marécageuses à proximité), chaux, et charbon. (A 30 km du camp se trouvent des gisements parmi les plus riches d’Europe). Ces ressources sont nécessaires pour la production d’essence synthétique et de caoutchouc synthétique ; elles sont essentielles pour l’effort de guerre allemand. C’est pourquoi les nazis chargent le groupe chimique IG Farben d’en assurer l’exploitation sur le site.

 En été 1941, 10 000 prisonniers soviétiques construisent le camp. En été 1942, il ne reste qu’une centaine d’hommes, ils servent de premiers cobayes pour les chambres à gaz La main-d’œuvre sera  désormais celle du camp de concentration. Le Reichsführer Himmler comprend l’importance du projet et envisage  de passer d’une population carcérale de 10 000 à 100 000 personnes.  Lors de sa visite en mars 1941. Le camp est prévu pour ceux que le régime nazi estime dangereux : suspects de résistance, hommes politiques, intellectuels, puis des prisonniers de guerre soviétiques, des Allemands condamnés par les tribunaux, des prisonniers politiques, ainsi que ceux que les nazis appellent des « éléments asociaux » : Tziganes, prostituées, homosexuels, handicapés, Témoins de Jéhovah, Juifs.

 En 1940, le camp renferme de 13 000 à 16 000 détenus, pour 300 gardiens SS. Le nombre de prisonniers atteint environ 20 000 en 1942. Durant les vingt premiers mois, plus de la moitié des 23 000 prisonniers polonais meurent à la suite des traitements inhumains et des tortures infligés par les gardiens. À partir de l’agression contre l’URSS, Hitler redirige des prisonniers de guerre soviétiques vers Auschwitz (cf le témoignage de Monsieur Charles Baron) .

Le travail forcé

 Avec les satellites, Auschwitz n’est pas seulement un camp d’extermination mais aussi un camp de travail. Les prisonniers travaillent pendant six, voire sept jours par semaine. Mais l’absence d’hygiène, le froid ,la malnutrition, les mauvais traitements causent rapidement de nombreux décès. Le raisonnement nazi est clair : les inutiles, enfants, vieillards, sont exécutés dès l’arrivée au camp. Les autres , les « utilisables », sont maintenus en vie  pour travailler jusqu’au moment où ils ne le peuvent plus.. Ils sont alors exécutés par gazage. (témoignages de Madame Zelda Sosnowski et de Madame Denise Goldstein)

 Les prisonniers malades ou déficients  sont  très rapidement   sélectionnés pour  les chambres à gaz, notamment lorsqu’il vont à l’hôpital : le « revier». (cf le témoignage de Madame Renate Haarprecht) Les exécutions sont aussi le fait des médecins du service du Docteur Mengele, après leurs expérimentations. (cf témoignages de Madame Régine Jacubert et de Madame Annette Cabelli )

Les méthodes d’élimination.

Le 22 juin 1941 débute l‘opération Barbarossa. Les Allemands pénètrent en  Union Soviétique. La brutalité des gardiens SS augmente particulièrement quand les prisonniers de guerre soviétiques arrivent dans le camp : ces derniers sont les plus mal traités de tous les prisonniers. À mesure que les troupes allemandes pénètrent en URSS, elles abattent toutes les populations juives (hommes, femmes, enfants, du bébé au vieillard) des régions traversées. Mais en août 1941 des officiers se plaignent de cette tâche barbare et déshumanisante. Des unités spéciales chargées de l’extermination systématique des juifs en Russie sont créées : les Einsatzgruppen  qui pratiquent la Shoah par balles.

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Scènes de la Shoah par balles 1941- 1942 (images d’archives)

Les Allemands pour une raison de coût refusent d’envoyer sur le front les bonbonnes de monoxyde de carbone nécessaire au gazage . C’est pourquoi en septembre 1941 le médecin SS Albert Widmann  (qui a déjà participé au gazage des handicapés au monoxyde de carbone) teste une méthode à base d’explosifs, mais c’est encore pire ; Widmann pense alors utiliser les gaz d’échappement des camions dans lesquels les prisonniers seront chargés. Cette méthode est testée sur des prisonniers de guerre soviétiques. Lorsque Hitler décide l’extermination systématique des Juifs à grande échelle, Rudolf Höss, alors responsable du camp, expérimente divers modes d’exécution. Le nombre de déportés augmente rapidement et il est chargé de « préparer à Auschwitz une installation destinée à l’extermination en masse ». Son approche du problème est technique et pragmatique. Les exécutions sont jusqu’ici menées à l’arme à feu, les déportés fusillés au bord de fosses communes qu’ils ont eux-mêmes creusées. D’autres prisonniers recouvrent les corps de chaux. Cette méthode est décrite par lui, lors de son interrogatoire après sa capture, comme peu efficace, lente, et coûteuse en munitions.

Prenant modèle sur le camp d’extermination de Treblinka, Höss fait construire deux petites chambres à l’extérieur du camp, où les déportés sont asphyxiés par les gaz d’échappement d’un camion. Höss raconte que cette opération prenait du temps, que les SS chargés de l’opération l’abrégeaient souvent. De surcroit  un nombre non négligeable des gazés reprenaient conscience alors que leurs bourreaux les enterraient.

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Modèle de camions Magirus Deutz ayant servi à l’asphyxie par gaz d’échappement (image d’archive)

le zyklon B

C’est en observant les précautions importantes que nécessite l’emploi d’un pesticide utilisé pour nettoyer les baraquements que l’idée vient à l’assistant de Höss, Karl Fritzsch, d’employer le Zyklon B. Il l’utilise d’abord dans le block 11 sur des prisonniers russes. Höss satisfait de la méthode de Fritsch décide de la généraliser. Le Zyklon B était un pesticide connu et utilisé couramment dans l’armée allemande, le camp d’Auschwitz en possédait donc de grandes quantités en stock. Pour nettoyer un baraquement de la vermine qui l’infestait, il fallait en faire sortir tous les prisonniers, fermer hermétiquement toutes les ouvertures et répandre les cristaux de ce pesticide sur le sol. Après environ une demi-heure, un soldat pénétrait dans le baraquement, muni de gants et d’un masque à gaz, pour ouvrir et ventiler la pièce.

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Boites de Zyklon B à Auschwitz. photo 1er février 2011

Testé en septembre 1941 sur des prisonniers de guerre soviétiques, le produit se révèle mortel même en très petite quantité. Les SS ajoutent des ventilateurs pour éliminer les vapeurs  après le gazage. Les corps des premières victimes recouvrant souvent les cristaux de Zyklon B qui réagissent à l’air, ils installent également des colonnes percées de trous, où le produit est versé depuis le toit par un soldat. Des fosses sont transformées en bûchers pour brûler les corps arrosés de gasoil.

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La première chambre à gaz d’Auschwitz (partiellement reconstituée photos d’archives)

Les SS utilisèrent alors dans le camp souche un bâtiment comprenant une chambre à gaz et un crématoire composé de trois fours. Cette installation fut mise en service entre 1941 et 1942, avant d’être transformée en bunker de protection en cas d’attaque aérienne. Pour cette raison, le bâtiment n’a pas été détruit par les nazis. Le four crématoire actuellement visible y a été reconstruit après la guerre à partir du matériel original resté sur place.

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Restes d’un four qui a été détruit photo 1er février 2011

Les femmes

En 1942, le camp vit également l’arrivée des premières femmes. Entre avril 1943 et mai 1944, les femmes juives servirent de cobayes pour des expériences de stérilisation par le professeur Karl Clauberg. Le docteur Josef Mengele menait, lui aussi, des expérimentations sur les détenus, (cf témoignage de Madame Annette Cabelli) Il s’intéressant particulièrement aux enfants jumeaux. Lorsque les prisonniers ne guérissaient pas assez rapidement, ils étaient tués par injection de phénol au cœur.

Sur les ordres de Heinrich Himmler, le Block 24 fut transformé en bordel pour récompenser les détenus méritants.

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Intérieur des baraquements. On voit l’inclinaison des châlits pour que les liquides puissent s’écouler. photo 1er février 2011

L’appel

Dans la plupart des camps, les prisonniers commençaient la journée à 4h30 du matin (une heure plus tard en hiver) avec l’appel. L’appel débute à 3 heures du matin et dure 4 heures. (cf témoignage de Monsieur Max Hecht) À ce moment de la journée, même en été, il fait froid. Les prisonniers étaient tenus de se maintenir en rangs à l’extérieur des baraquements et de rester là jusqu’à 7 heures, heure à laquelle les officiers SS arrivaient.(cf témoignage de Madame Regine Jacubert) Pendant ce temps, les gardes pouvaient leur infliger des punitions, pour un bouton manquant, une gamelle mal nettoyée. Ils pouvaient ainsi être contraints à rester une heure en position accroupie, les mains sur la tête ou recevoir des coups. Les détenus étaient comptés et re-comptés. La mort s’invitait également à l’appel du matin, rôdant parmi les détenus se supportant l’un, l’autre jusqu’à ce que l’épreuve soit finiede cinq à dix prisonniers étaient retrouvés morts après chaque nuit dans les  baraquements. (Cf témoignage de Monsieur Martin Gray).

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Potence mobile utilisée dans les blocks Block 11, le block de la mort photos d’archives

Le départ au travail

Après l’appel, les Kommandos se mettaient en marche vers leur lieu de travail, par groupes de cinq, portant la plupart du temps une  tenue de camp rayée, sans sous-vêtement, et des sabots de bois mal adaptés à leurs pieds et sans chaussettes. Un orchestre de prisonniers (comme l’Orchestre des femmes d’Auschwitz au camp pour femmes d’Auschwitz II-Birkenau.  (Cf  tépoignage de Madame Renate Harpprecht)) était obligé de jouer des airs entraînants pour accompagner le départ des prisonniers vers leur lieu de corvée. Les Kapos avaient la responsabilité des prisonniers tout comme l’escorte SS qui les accompagnait.

La  journée de travail

 La journée de travail durait 12 heures en été et un peu moins en hiver. La plupart des tâches étaient relatives à la construction du camp, aux travaux dans les gravières, ou dans les dépôts de bois. Aucune pause n’était accordée. Un prisonnier était même assigné aux latrines pour mesurer le temps que les détenus prenaient pour se vider la vessie et les intestins. (cf témoignage madame Ginette Kolinka) Le dimanche n’était pas un jour de travail, mais les prisonniers ne se reposaient pas pour autant. Ils devaient nettoyer les baraquements et prendre leur douche hebdomadaire.

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les latrines photo 1er février 2011

Le dimanche n’était pas un jour de travail, mais les prisonniers ne se reposaient pas pour autant. Ils devaient nettoyer les baraquements et prendre leur douche hebdomadaire. Les prisonniers pouvaient écrire, uniquement en allemand, à leur famille, ceux qui ne maîtrisaient pas l’allemand devaient se faire aider pour rédiger leur courrier. Les membres de la SS censuraient le courrier sortant.

L’appel du soir

Un second appel était effectué le soir. Lorsqu’un prisonnier manquait à l’appel, les autres devaient rester en place jusqu’à ce que la cause de cette absence soit identifiée, ceci, indépendamment des conditions climatiques et même si cela devait durer des heures. Des punitions, collectives ou individuelles, étaient infligées sur la base de ce qui s’était produit durant la journée. Les prisonniers recevaient alors leur ration d’eau et de pain et regagnaient leur baraquement. (témoignage de Madame Julie Wallach) Le couvre-feu intervenait deux ou trois heures plus tard. Les prisonniers dormaient sur des banquettes de bois, sur leurs vêtements et chaussures pour éviter qu’ils ne soient volés.

De huit cents à mille détenus étaient entassés dans les lits de bois superposés de chaque baraquement ou à même le sol ( cf témoignage de Madame Ginette Kolinka)

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Là où Madame Ginette Kolinka dormait photo 1er février 2011

Incapables de s’allonger complètement, ils dormaient en long ou en travers, avec les pieds de l’un sur la tête de l’autre, le cou ou la poitrine. Dépouillés de toute dignité humaine, ils se frappaient, mordaient, se donnaient des coups de pieds pour grappiller quelques centimètres d’espace supplémentaire pour dormir un peu plus confortablement ce qui rendait leurs nuits fort courtes.

Afin de gagner en capacité et d’évacuer les sanies libérées par les détenus, les châlits étaient légèrement inclinés. De plus, les châlits supérieurs (théoriquement plus propres) étaient pris d’assaut par les plus costauds, plus “valides” que ceux qui se voyaient contraints de se contenter des banquettes inférieures où en raison de la dysenterie fréquente se déversaient tout au long de la nuit les déjections venues des étages supérieurs.

La reconnaissance des prisonniers

Les différents types de prisonniers se reconnaissaient à des pièces de tissus triangulaires cousues sur leurs vêtements sous leur numéro de matricule appelées winkel. Les prisonniers politiques portaient un triangle rouge ; les témoins de Jéhovah, pourpre ; les criminels, vert ; les Juifs portaient l’étoile jaune. La nationalité était représentée par une lettre sur le winkel. Les détenus pouvaient avoir plusieurs winkel s’ils entraient dans plusieurs catégorie.

 À Auschwitz, et uniquement là, les prisonniers étaient tatoués sur leur avant-bras de leur numéro de matricule (Cf la plupart des témoignages ou les chiffres sont indiqués) . Certaines pouvaient avoir deux chiffres tatoués, (Cf témoignage de Monsieur Charles Gottlieb)Les prisonniers de guerre russes étaient tatoués sur la poitrine.

la nourriture

Le matin, les prisonniers recevaient une boisson chaude mais pas de nourriture. Le midi, ils recevaient une soupe claire sans viande et le soir, un quignon de pain rassis. La plupart des prisonniers gardait un peu de pain pour le lendemain matin (témoignage de Monsieur Bernard Ores). La ration journalière ne dépassait pas 700 calories, à l’exception des détenus soumis aux expérimentations médicales qui étaient mieux nourris et mieux vêtus.

La santé

Les conditions sanitaires étaient déplorables et l’eau potable manquait. Les latrines collectives étaient répugnantes de saleté et d’odeur. Il n’ y avait ni papier, ni eau . Les femmes ne portaient pas de culottes (Cf témoignage de Madame Ginette Kolinka)

le camp était infesté par la vermine comme les poux qui étaient vecteurs de maladies et les prisonniers mouraient en masse d’épidémie de typhus( Cf témoignages de la déportée, de Madame Zelda Sosnowski, de Monieur Victor Perahia, de Monsieur Sam Braun) ou d’autres maladies. Le noma, une infection bactérienne liée à la malnutrition, était une cause de mortalité infantile importante dans le camp des Roms.

les prisons

Le Block 11 à Auschwitz était la prison dans la prison. C’était là que ceux qui avaient enfreint l’une des nombreuses règles du camp étaient punis. Ceux-ci pouvaient connaitre la cellule-debout qui contenait quatre hommes sur un espace d’un mètre carré et demi. Ils ne pouvaient que se tenir debout et le lendemain, ils étaient contraints de faire leur journée de travail. Les prisonniers condamnés à mort pour évasion pouvaient être laissés en cellule, sans nourriture et sans eau jusqu’à ce que la mort survienne. Parfois, pour frapper les esprits, ils étaient pendus à proximité de leur baraquement sur des potences mobiles, comme ce fut le cas pour Mala Zimetbaum et Edek Galinski. Au sous-sol, se trouvaient les cellules-sombres qui ne comportaient qu’une toute petite fenêtre et une porte robuste. Les prisonniers détenus dans ces cellules suffoquaient fréquemment pour avoir brulé tout l’oxygène de la cellule quand les SS n’allumaient pas une bougie pour accélérer le processus. Certains furent pendus par les bras, les mains entravées dans le dos pendant des heures et même des jours, jusqu’à ce que les articulations des épaules soient complètement disloquées.

*les sources de cette documentation sont de trois ordres : les archives, les témoignages des rescapés dument consignée et vérifies , la visite sur place le 1er février 2011, photos notamment.



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